Les états généraux
Le 8 octobre 2026, à l'Hôtel Mortagne de Boucherville, l'industrie métallurgique québécoise se réunit pour une nouvelle édition des États généraux de la métallurgie.
Que sont les États généraux de la métallurgie?
Organisés tous les trois ans par le Comité sectoriel de main-d'œuvre de la métallurgie du Québec (CSMO-M), à la demande des organisations du secteur, les États généraux réunissent les acteurs clés de l'industrie : dirigeants d'entreprises, responsables des ressources humaines, représentants syndicaux, personnel technique, représentants gouvernementaux (travail, éducation, économie), membres de l'écosystème métallurgique et acteurs de la formation.
L'objectif : faire le point sur l'état du secteur de la première transformation des métaux, identifier les enjeux de main-d'œuvre qui touchent les entreprises, et développer ensemble des pistes de solution concrètes.
Pourquoi cette édition arrive à un moment charnière?
L'industrie métallurgique québécoise traverse une période de bouleversements accélérés, à la fois économiques, démographiques, technologiques et géopolitiques.
Sur le plan économique, le retour d'une politique commerciale américaine plus protectionniste (tarifs douaniers, remise en question de certaines clauses de l'ACEUM touchant l'acier et l'aluminium) fragilise des marchés d'exportation vitaux : plus de 90 % de la production métallurgique québécoise est exportée vers les États-Unis. Cette instabilité pousse les entreprises à explorer de nouveaux marchés, notamment dans le secteur naval et maritime, où le Québec mise sur une stratégie maritime pour développer la fabrication de brise-glaces et de traversiers.
Sur le plan du marché du travail, les transitions démographiques et technologiques, avec l'intelligence artificielle en tête, transforment en profondeur les façons de travailler. Si la pénurie de main-d'œuvre s'est atténuée, elle persiste pour plusieurs postes spécialisés, renforçant l'importance d'une concertation élargie entre tous les partenaires de l'industrie.
Bien que la métallurgie représente moins de 2 % du PIB québécois, elle compte pour 16 % des exportations internationales du Québec, et des économies régionales entières — Sorel-Tracy, le Saguenay — en dépendent directement.
Le rôle de la formation et du développement des compétences
Face à ces transformations, le réseau québécois de formation professionnelle et technique, l'un des plus performants à l'international, demeure un levier essentiel. Formation diplômante, formation continue, implication des gestionnaires dans le pilotage du changement : les États généraux 2026 seront l'occasion de réfléchir collectivement à la façon de renforcer ce réseau pour soutenir la compétitivité de l'industrie.